C’est un métal lourd, symbole U, n° 92. Dans la croûte, 2 à 4 grammes par tonne de roche, à peu près comme l’étain.
Deux formes principales : l’uranium-238 (99,3 %) et l’uranium-235 (0,7 %). Seul l’U-235 se fend facilement. On enrichit le minerai à 4–5 % pour les centrales. Les bombes, c’est plus de 90 %.
Les Buu-Erel l’appellent sel d’énergie piégé. Sous terre, à l’abri du soleil, il chauffe le cœur de la Terre et nourrit les racines. On le sort, il s’active.
Surtout à faire de l’électricité : on casse l’atome, ça chauffe de l’eau, ça tourne une turbine. Le reste : isotopes médicaux, recherche, marine militaire, ogives. Un peu de lest d’avion et de quille de bateau.
Ce n’est pas « un peu partout ». C’est une poignée de pays, des mines, des usines d’enrichissement. La Mongolie détient environ 2 % des ressources identifiées. L’Australie, le Kazakhstan, le Canada tiennent le gros.
Fermé. Les plantes en prennent par les racines. La Terre tourne. Les Ongod peuvent descendre.
Comme une bile : tant qu’on ne l’ouvre pas, elle travaille.
Le soleil le réveille. Corps spirituel, chair, lignée. Cinq mille ans. Même enterré, ça remonte.
Les Ongod ne descendent plus. Pas de remède.
Les Buu-Erel disent que cette roche tient l’axe : trop près du Soleil, trop loin, l’orbite, la rotation, la Lune, les autres astres, le noir autour.
On l’enlève, l’axe penche. Si on vide le gisement, la Terre quitte sa place.
Un campement d’hiver. Un homme a sorti la terre sans savoir.
Trois clans. Dix mille morts pour refermer le trou : sel, sable, argile, terre, plantes. Soixante ans avant que le lieu se calme.
Ne pas brûler les corps. Ça multiplie.